Aphyosemion alpha Huber, 1998

 

 

 

Sommaire  
   
Historique Répartition géographique
Dénominations antérieures Cyprinodontidés sympatriques
Première description Description
Localité typique Maintenance et reproduction
Données méristiques Points de pêche
Caryotype  

 

HISTORIQUE

Découvert au Gabon par Herzog en 1975, il a été capturé depuis à plusieurs reprises sans qu'aucun auteur ne signale que ce phénotype pouvait être une nouvelle espèce : Pürzl en 1985, Buon, Mallet et Ragot en 1986, Numrich en 1988, Fourdrinier en 1988, Harz en 1993.
C'est lorsque je reçus des spécimens sauvages de M. Fourdrinier par voie postale que je m'aperçus que ce poisson était une espèce non décrite (Legros, 1990 à 1992). Monsieur FOURDRINIER m’indiqua avec précision l’endroit où il a pêché les poissons : "sur la route du Cap Esterias, dans un petit ruisseau qui traverse la route à exactement 16,3 km, en prenant comme point zéro l’aéroport de Libreville (début de la route du Cap Esterias)". La route de Libreville au Cap fait 33 km.
Les récoltes au Cap Esterias par Legros, Eberl et Cerfontaine permirent de ramener vivante une nouvelle population (LEC 93/26) qui est encore actuellement dans le hobby. C'est sur base de ces spécimens que JH Huber décrivit cette espèce en août 1998.
D'autres détails sur l'historique de cette espèce peuvent être trouvés dans la description originale et dans mes articles.

DÉNOMINATIONS ANTERIEURES

A. splendopleure (Meinken, 1930) in Radda, 1975; in Huber, 1981 et chez d'autres auteurs.
A. (Chrom.) sp
n°2 in Legros, 1990; in Eberl, 1996; in Eigelshofen, 1996.

PREMIERE DESCRIPTION

Huber, J.H., 1998. Aphyosemion alpha n.sp.: einen neue Art der Untergattung Chromaphyosemion mit einem ausgeprägten Färbungsmuster und einer besonders südlichen Verbreitung. Das Aquarium 350:15-23.

LOCALITÉ TYPIQUE

Route de Libreville au Cap Esterias à 17,1 km de l'hôtel Gamba (en face de l’aéroport) dans un ruisseau traversant la route (petit pont en béton).
Point de pêche LEC 93/26.
Collecteurs: Legros, Eberl, Cerfontaine 14/01/1993
Le système hydrographique est celui de la Bagna, petite rivière côtière du Cap Esterias.

 

En amont, pas de végétation sur les bords : A. alpha juvéniles (peu), E. sexfasciatus.
En aval, végétation sur les bords : A. alpha (beaucoup de juvéniles, un couple), A. australe, E. sexfasciatus, Barbus sp. , crevettes.
Le 14/1/93 à 12h : air 25°C, eau 23°C, pH 5,7, dH 0, 25 µS.

DONNÉES MÉRISTIQUES

D : 12-13
A : 13-15
D/A : -1
Sql : 26

CARYOTYPE

Non publié mais il a été étudié par G. Collier (Université de Tusla, USA) sur des spécimens que je lui avais envoyés. D'après Huber, le caryotype doit encore être publié et est distinct des autres représentants du sous-genre. Le caryotype serait plus que les caryotypes des espèces A. bitaeniatum et A. splendopleure.

RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE

Répartition géographique de A. alpha
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Les connaissances concernant l’expansion de ce poisson restent encore très vagues car il n’a été rapporté au Gabon que de la région du Cap Esterias et du sud-est de Libreville (environs d'Owendo) (Radda et Huber, 1976 ; Radda et Pürzl, 1985).

CYPRINODONTIDÉS SYMPATRIQUES

A. australe E. singa
A. escherichi E. sp.(coll. Mallet et all., 1986)
A. striatum Plataplochilus ngaensis
E. sexfasciatus s.l.  

 

DESCRIPTION DU MÂLE

La réticulation latéro-dorsale s’étend sur deux rangées d’écailles jaune orangé peu brillantes séparées de traits rouge foncé assez larges. Le dos est brun clair.
Les flancs ont une teinte gris cendré à beige avec des reflets bleu clair surtout dans la seconde partie du corps.
La tête est de même couleur que le corps avec dans la partie inférieure une zone orangée partant de la mâchoire inférieure et devenant très vive sur l’opercule.
Cette couleur orange se prolonge sur le ventre jusqu’au milieu de l’insertion de l’anale.
L’éclat de cette teinte varie selon l’humeur du poisson. Elle devient très vive lors des parades.
Le pédoncule caudal est teinté d’une zone bleu électrique rappelant le bleu de P. innesi (Characidé) mais en moins intensif cependant ! .
La bande rouge carmin qui souligne le pédoncule de certaines autres espèces (A. splendopleure s.l., A. poliaki) est absente.
Les deux bandes latérales, anthracites, sont très souvent présentes.
Les barres operculaires rouge carmin sont très bien marquées et dessinent un motif bien particulier propre à cette espèce et présent dans toutes les populations connues et chez les deux sexes.
Les bandes operculaires moyenne et inférieure se rejoignent au-dessus de la racine des pectorales, se croisent et donnent l’impression que la moyenne devient l’inférieure et vice-versa de sorte que le motif créé ressemble à un "huit" couché dont une des boucles ne serait pas fermée puisque ces deux lignes de points deviennent parallèles et bien espacées par la suite pour former une "cicatrice" très étirée s’estompant au niveau des pelviennes.
Les nageoires impaires sont très larges mais ne possèdent pas de prolongements importants.
La dorsale, brun-orange (sauf à son insertion où elle est vert d’eau), est maculée de points rouges foncés espacés ne formant pas de flammules sauf une ou deux à son apex orangé.
La caudale, sur fond bleu pâle, est parcourue de quelques macules à son insertion et de traits rouges distalement.
Les deux lobes, blanc bleuté, sont prolongés de filaments assez courts de même couleur avec une pointe jaune orangée discrète.
Le lobe inférieur est souligné d’une marginale bleu pâle et d’une submarginale rouge foncé.
L’anale, non ponctuée, est bleu pâle avec une zone orangée pâle en son milieu. Une bande submarginale carmin est présente ainsi qu’une marginale bleu-vert à orange.
Les pelviennes sont identiques à l’anale mais la zone orangée est plus intensive.
Les pectorales sont transparentes.

Taille : 4,5 cm de longueur totale.

DESCRIPTION DE LA FEMELLE

Ce phénotype est assez difficile à définir mais il est facilement séparable des autres femelles du sous-genre.
Les bandes latérales peuvent être très foncées et très souvent visibles.
Le corps est, dans l’ensemble, assez sombre avec des reflets bleutés et jaunâtres dans la première moitié du corps.
De petits points marrons bordent les écailles de la zone dorsale.
Les bandes operculaires présentent le même motif que chez les mâles avec les deux lignes de points formant la cicatrice qui se prolongent en s’inclinant vers le bas jusqu’à la fin de l’anale.
La dorsale et la caudale sont ponctuées. Cette dernière possède une zone orangée dans la partie inférieure.
L’anale, bleutée, n’est pas ponctuée.

Taille : 3,5-4 cm.

MAINTENANCE ET REPRODUCTION

Le maintien et la production d'œufs ne représente pas un challenge en soi surtout en ce qui concerne les poissons élevés depuis plusieurs générations. Cependant, j'ai rencontré quelques difficultés avec les spécimens sauvages qui ont demandés de l'eau acide (pH 5) pour pondre.
La production d'œufs est abondante et la reproduction naturelle n'est vraiment pas rare.

La seule difficulté à la propagation de ce poisson est le nombre astronomique de mâles que l'on produit. Personnellement je n'avais jusqu'à présent obtenu que 3 femelles depuis ma récolte au Gabon. Cependant d'autres éleveurs ont eu plus de chance. A. Cerfontaine lors d'une ponte a obtenu 100% de femelles tandis que W. Eigelshofen (Allemagne) obtient quelques femelles en élevant ses alevins dans de l'eau très acide.

Bill Drake (Angleterre) est la personne qui semble obtenir les résultats les plus probants. Voici les résultats de ces expériences :


J'ai expérimenté une autre méthode qui semble être moins efficace mais qui vient de me donner deux femelles. Lorsque les alevins naissent, je les transfère dans une eau classique à laquelle j'ajoute un peu d'œstrogène (Oestrogel® gel 0.06%), hormone féminine utilisée notamment en cas d'ostéoporose. Ce gel se dilue spontanément dans l'eau et la rend trouble mais sans aucune conséquence néfaste pour les alevins. Lors des changements d'eaux, un peu de gel est rajouté. Cette méthode est pour le moment au stade "expérimental" et rien ne prouve que ce n'est pas un hasard que j'ai obtenu ces deux femelles. J'y ai pensé en lisant un article sur les Tilapia élevés à Tihange. Pour obtenir des mâles (de croissance plus rapide et de plus grande taille que les femelles, donc plus rentables), les pisciculteurs ajoutent des androgènes (hormones masculines) à l'eau d'alevinage.

Vingt ans après la capture des spécimens sauvages, je ne rencontre plus ce problème de sex ratio déséquilibré avec la souche LEC 93-26. Les maies sont majoritaires, comme souvent chez les Chromaphyosemion mais les femelles sont suffisamment nombreuses pour assurer la survie de la population.

Vers 2,5-3 mois, la cicatrice en forme d'"alpha" est déjà formée, ce qui permet de distinguer ces alevins de n'importe quelle espèce de Chromaphyosemion alors qu'ils ne sont même pas encore sexués. Les premiers mâles sont visibles vers 3,5 mois grâce au reflet bleu dans l'anale et les jeunes poissons peuvent se reproduire vers 6 mois.

 

POINTS DE PÊCHE

Nombre d'enregistrements: 12

 
LocalitésLatN/SLongE/OCollecteur
Cap Esterias 0°36 N 9°19 E Herzog, 1975
Cap Esterias 0°65 N 9°19 E Mallet et al.
Cap Esterias 0°65 N 9°19 E Bitter et al.
Cap Esterias G 92-2 0°65 N 9°19 E Harz, 1992
Cap Esterias, 16 km from Hotel Atlantic to Cap Esterias, BDBG 2004-21 00°34,4200 N 09°20,2200 E Bogaerts, Debruyn, 2004
Cap Santa Clara, DNA 01 N E Aspinwall, 2001
Forêt de la Mondah GCCB 2012 0,61364 N 9,31965 E Cavelier, Chirio, Balavoine, 2012
PK 16,3 km Libreville airport to Cap Esterias 0°35 N 9°20 E Fourdrinier, 1988
PK 17,1 km to Cap Esterias (LEC 93-26) 0°35 N 9°20 E Legros et al., 1993
Ruisseau dans la forêt du Mondah, ACCC 13-508 N E Agnèse, Cavelier, Chirio, Chirio, 2013
S Libreville (Owendo, area) 0°18'27'' N 9°30'35'' E
Santa Clara, Cap Esterias - Santa Clara WP 78 GJS 34 0°32,710 N 9°20,409 E Guggenbühl, Juhl, Sewer 2000