Qu’est-ce qu’un Chromaphyosemion ?

Les Chromaphyosemion sont des poissons colonisant les marigots et petites rivières d’Afrique Occidentale, du Togo au nord du Gabon.

La classification systématique est la suivante:

Selon Huber, Killi Data 2006:

Famille: Nothobranchiidae Garman, 1895
Sous-famille: Nothobranchiinae Garman, 1895
Tribu: Nothobranchiini Garman, 1895
Subtribe: Aphyosemiina Huber, 2000
Genus: Aphyosemion Myers, 1924
Subgenus: Chromaphyosemion Radda, 1971

 
La première espèce, Fundulus bivittatus, a été décrite en 1895 par Axel Johan Einar Lönnberg, naturaliste et environnementaliste suédois.

La première espèce, Fundulus bivittatus, a  été décrite en 1895 par Axel Johan Einar Lönnberg, naturaliste et environnementaliste suédois.

 

Dès 1966, SCHEEL plaça ces poissons dans la super-espèce A. bivittatum car ils constituaient un groupe homogène aisément séparable des autres Aphyosemion. En 1971, RADDA les séparera du sous-genre Fundulopanchax Myers, 1924 en créant le sous-genre Chromaphyosemion.
L’espèce type est Fundulopanchax multicolor Brüning, 1929 (Meinken, 1930) décrite d’après des spécimens originaires de Ajakapulka, localité proche de Lagos, Nigeria.

 

En 2000, Sonnenberg considéra que les Chromaphyosemion constituaient un ensemble monophylétique et suffisamment homogène pour l’élever dans un genre à part entière. Cependant, aucune preuve ne fut avancée pour étayer cette hypothèse.
En 2005, Agnèse, Zentz, Legros & Sellos firent une étude phylogénétique sur des spécimens issus de très nombreuses stations. Celle-ci démontra la validité des 12 espèces décrites et considérées valides à cette date. Une nouvelle espèce fut également mise en évidence (décrite plus tard comme A. malumbresi Legros & Zentz, 2006). Le statut phylogénétique fut démontré mais le statut de sous-genre fut gardé à titre conservatoire.

Dix-sept espèces sont considérées comme valides dans ce document:

 
A. bitaeniatum Lagos Dessin: Ph. Mathays

Les Chromaphyosemion se distinguent des autres poissons du genre Aphyosemion par les critères suivants :

a) les nageoires

  • La dorsale est insérée en face de l’anale ou est placée légèrement en retrait de un à deux rayons au maximum, ce fait étant plus fréquent pour les populations nigérianes que pour les souches du Cameroun.
  • La dorsale comprend de 9 à 14 rayons et l’anale de 11 à 15 rayons.
  • Chez les mâles, la dorsale, triangulaire, est très développée et étirée à son apex.
  • La dorsale, l’anale et les lobes de la caudale sont prolongés de rayons hypertrophiés.
  • La caudale est bilobée, rarement trilobée (A. riggenbachi).
  • Les nageoires ne sont pas lignées de bandes transversales vives mais de points et de flammules.
  • Chez les femelles, les nageoires sont arrondies. La dorsale est toujours poivrée de macules rouge carmin sur fond jaune vert métallique. La caudale peut présenter, selon les espèces, des petits point. Dans les cas les plus fréquents, l’anale est parsemée de fins points rouges à bruns si le mâle possède des macules à l’anale et n’en possède pas si le mâle correspondant n’en présente pas. Il existe cependant des exceptions.

b) Le patron

  • Une réticulation latéro-dorsale de points brillants, dorés ou cuivrés s’étend sur une à trois lignes d’écailles chez les mâles.
  • La tête et les flancs sont peu marqués par la présence de macules rouges sauf chez A. riggenbachi.
  • Deux bandes sombres à anthracite apparaissent temporairement chez les deux sexes et chez les alevins. L’intensité de celles-ci varie selon les émotions des poissons (stress, domination, maladie, etc…) et selon les populations et les espèces (quasi absentes chez A. riggenbachi).

D’autres rivulinés présentent ce type de livrée : le sous-genre Kathetys et E. bifasciatus.

D’après HUBER (1978), les sous-genres Chromaphyosemion et Kathetys « pourraient avoir dérivés d’un ancêtre proche d’Epiplatys en raison, en particulier, du patron temporaire des bandes longitudinales noires ».

c) La taille

Longueur totale : de 45 à 80 mm.